Ils mûrissent dans les vergers et les jardins d’agrumes, gorgés de soleil. Dans nos parfums, les fruits ne se goûtent pas : ils se respirent. Une écorce que l’on presse, une gousse que l’on fend, une amande que l’on brise libèrent une odeur que la parfumerie recueille depuis des siècles. La tradition leur prête l’abondance, la fête et le passage des saisons.
Les agrumes, d’abord. Leur parfum ne se cache pas dans la pulpe mais dans l’écorce, riche en essence. En Calabre et en Sicile, on la pressait autrefois à la main contre des éponges naturelles, qui recueillaient l’essence goutte à goutte. Citrons, oranges et bergamotes entraient dans les eaux de Cologne d’autrefois, que l’on vendait comme des remèdes jusqu’en 1810.
L’orange tient une place à part. Les Arabes ont apporté l’orange amère en Europe, les navigateurs portugais l’orange douce. Longtemps, on l’a offerte à Noël comme un présent rare. Elle apporte à Lee La Wa Dee et à Sancta Myrrha une lumière ronde et gourmande.
Dans Citrus Maxima, la mandora et l’orange sanguine répondent au néroli et au petitgrain. Ce parfum est inspiré des jardins du Cap Martin et de la côte ligure. L’orange sanguine doit sa chair rouge aux nuits fraîches de Sicile, au pied de l’Etna. Le petitgrain, lui, tient son nom des petits fruits verts que l’on distillait autrefois.
La rhubarbe, enfin, surprend. Ce n’est pas un fruit mais une tige, que l’on cuisine comme un fruit. Sa racine est venue de Chine par les routes de la soie et fut longtemps un trésor des apothicaires. Dans Citrus Maxima, elle apporte aux écorces une note verte et acidulée, presque pétillante.